La cuisine universelle

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J’adore les défis. Vous pouvez le constater grâce à mes dessins de trente cuisines, de décors basés sur des objets du quotidien ainsi que des chambres inspirées des princesses de Disney. Lorsque Mme Maxime D.-Pomerleau (Aussi connue sous le nom de Batwheel) m’a proposé de faire une 31e cuisine, conçue pour des personnes à mobilité réduite, j’ai tout de suite accepté avec grand plaisir. Ayant déjà travaillé auparavant à sensibiliser les jeunes à la différence, c’est une cause qui me tient à cœur.

Tout d’abord, je tiens à préciser un point. Ici, on ne parle pas seulement d’une cuisine adaptée pour les personnes vivant avec un handicap, mais bien d’une cuisine universelle. Elle est pensée pour tout type d’utilisateurs : enfants, personnes âgées, personnes en réadaptation, personnes utilisant un fauteuil roulant et tout aussi bien pour des bipèdes de six pieds qui doivent être également confortables pour cuisiner. Comment planifier une cuisine offrant des compromis pour tous ? Comment rendre le tout esthétique et harmonieux ? Tout un défi ! Voici ma démarche pour arriver à une solution concluante.

En premier lieu, je me suis prêtée au jeu et j’ai cuisiné un plat de nouilles, assise sur une chaise à roulettes, dans mon logement à l’ergonomie très basique. Pas facile ! Plusieurs aspects d’une cuisine standard ne fonctionnent pas pour des manœuvres en fauteuil roulant. Voici mes constatations :

  • Le plancher de ma cuisine est un peu en pente. Je dois m’accrocher aux poignées de mes électroménagers pour me déplacer.
  • Les comptoirs sont trop hauts. Tout est à la hauteur de mon visage (je mesure cinq pieds quatre pouces) ! Alors, la préparation du repas doit se faire sur la table à dîner.
  • Le robinet est difficile d’accès car mes jambes sont bloquées par les armoires sous l’évier. Ma tête arrive à la hauteur de l’évier : si j’avais eu à faire la vaisselle, la mousse aurait gagné mes cheveux, je crois.
  • Je n’avais jamais porté attention à la petite marche entre la cuisine et l’annexe où est situé mon garde-manger. Sur roulettes, cette marche est une véritable épreuve !

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  • Je n’ai pas accès à la deuxième tablette des armoires du haut, ni à mon micro-ondes, ni aux boutons de la hotte.
  • J’ai une cuisinière standard avec tête. Sur une chaise à roulettes, les boutons de contrôle sont très difficiles à atteindre et mes bras ont frôlé le rond allumé lors de ma tentative. Aussi, comment sortir un plat chaud du four, en fauteuil roulant ? La porte s’ouvre sur les jambes et il est très ardu d’accéder à l’intérieur. Brûlures garanties !

Tout est beaucoup plus long à accomplir par manque d’ergonomie. Pour finir, mes nouilles étaient un peu trop cuites.

Après cette aventure culinaire, j’ai entamé des recherches avec l’aide de Maxime. D’abord, pour savoir ce qu’est une cuisine au summum de l’ergonomie, je vous suggère cette vidéo. J’ai un coup de cœur pour les armoires rétractalbes sous les électros ainsi que pour le robinet au-dessus de la plaque de cuisson.

Vidéo: La cuisine universelle par Zirca inc.

En ce qui a trait à la planification, voici quelques trucs à respecter :

  • Circulation principale de soixante-douze pouces dans la cuisine.
  • Îlots à proscrire ! La circulation autour est trop difficile en fauteuil roulant.
  • Les surfaces de comptoirs sont variées de trente à trente-six pouces. De cette façon, tous peuvent cuisiner confortablement.
  • Le rangement est plutôt concentré dans le bas des armoires. Les tiroirs et tirettes sont privilégiés pour éviter de fouiller au fond des modules.
  • Une plaque de cuisson indépendante d’un four encastré présente plus d‘avantages. De cette manière, la plaque peut-être sur une surface de travail abaissée à trente pouces. Le four encastré peut également être placé plus bas et sa porte doit s’ouvrir latéralement. Fini les brûlures !
  • Les boutons de contrôle de la hotte peuvent être installés sur le comptoir.
  • Le micro-ondes est rangé dans les armoires du bas.
  • Un réfrigérateur, avec un congélateur dans un tiroir au bas, est recommandé.
  • Pour le lave-vaisselle, il existe maintenant des modèles intégrés dans des tiroirs, ce qui évite d’avoir la porte dans les jambes.

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Source: Fisher & Paykel/Tanguay

À partir de ces recommandations, voici le résultat du plan basé sur celui du défi trente cuisines :

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La quincaillerie spécialisée joue un rôle important pour augmenter l’ergonomie de cette cuisine. Mes recherches m’ont permis de découvrir certains éléments fort pratiques :

  • Pour faciliter l’accès au rangement en hauteur, la compagnie Richelieu a conçu ce système de tablettes abaissables.

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Source: Richelieu

  • Pour ce qui est du fameux coin d’armoires du bas, il existe une panoplie de systèmes qui rendent cet endroit facile à atteindre, comme ce coin magique également disponible chez Richelieu.

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Source: Richelieu

  • J’ai intégré une tirette du côté de la salle à manger. Elle peut contenir de la vaisselle accessible à tous. Voici un exemple de ma propre conception.

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  • N’oubliez pas l’espace disponible dans les coups de pied sous les modules de cuisine ! On peut y cacher un petit escabeau, un tiroir de rangement ou une marche rétractable qui permet aux enfants d’accéder au comptoir.

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Source: Pinterest/Cuisiconcept

Forte de ces recherches et réflexions, j’ai complété mon défi avec une perspective finale montrant le concept global de la cuisine universelle. J’ai choisi une ambiance contemporaine et bohème, avec des rangements ouverts et une céramique à motifs comme dosseret.

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Voyez-vous, c’est très joli et tout y est ! Défi relevé !

Je conclus cet article avec une toute nouvelle ouverture face aux cuisines de l’avenir. Je crois qu’il y a matière à repenser l’ergonomie de certains standards pour permettre à tous de cuisiner. Grâce à une meilleure sensibilisation auprès des gens, les espaces pourraient devenir agréables et la vie serait plus facile et sécuritaire pour un grand nombre de personnes. Je rêve d’une cuisine comme celle-là qui me permettrait de faire à manger avec ma grand-mère qui a beaucoup de mal à se déplacer. Après tout, la cuisine demeure le cœur de la maison.

Merci à Maxime D.-Pomerleau pour sa collaboration et pour m’avoir lancé ce merveilleux défi !

De votre côté, que feriez-vous pour améliorer l’ergonomie de votre cuisine ? Quelles sont vos idées pour rendre cet espace universel ?

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